1.1. Histoire de la Principauté de Zindelstein



1.1.1. Origine de Zindelstein et développement de la ville


Jadis, aux temps des Dieux, les dragons noirs vivaient à l’emplacement de la future ville de Zindelstein. Ces dragons étaient les gardiens de la mer Baltique. Il est dit que la famille princière est descendante et héritière directe des dragons noirs de la Baltique.


Au XIIIe siècle les chevaliers Teutoniques envahissent la Prusse-Orientale, alors peuplée par des tribus païennes. L’Ordre Teutonique va coloniser ces terres et fonder un nouvel Etat souverain. Dans leur conquête, les chevaliers Teutoniques érigent les villes qui seront les fleurons de leur empire. Les colons allemands, flamands, wallons affluent pour remplacer les populations décimées par les chevaliers Teutoniques et participer à la croissance des nouvelles villes de la Prusse-Orientale.

A environ une trentaine de kilomètres de Königsberg, au bord de la mer Baltique en Samland, des émigrants juifs sont regroupés par les chevaliers Teutoniques qui leur soumettent l’idée de fonder une ville sur le site. En l’an de grâce 1303 la petite ville de Zindelstein est fondée sous la souveraineté de l’Ordre Teutonique.


La ville de Zindelstein vit de la pêche et du commerce maritime sur la mer Baltique. Par sa proximité avec la ville de Königsberg, elle devient vite un axe marchand, elle est un peu comme un second port de la grande Königsberg. Attirés par son essor, de nombreux nouveaux habitants de tous les horizons s’installent à Zindelstein. Dans les ruelles de la ville qui conduisent au port, de nombreux petits commerces et des tavernes très animées font le bonheur des marchands, voyageurs, marins et brigands de toutes sortes. Malgré sa prospérité, son port reste un lieu de débauche et de rencontres hasardeuses.

En 1400 la ville possède des remparts, une forteresse, un hôpital, trois églises et une synagogue. L’année suivante, elle entre dans la Ligue Hanséatique.

Lors du déclin des chevaliers Teutoniques et de leurs défaites contre les rois de Pologne au XVe siècle, les notables de la ville resteront fidèles à leurs maîtres teutoniques.

Frédéric II le Grand, roi de Prusse, amoureux de cette petite ville et protecteur de sa population, va contribuer à son développement culturel et à son étiquette artistique. Il fonde à Zindelstein en 1748 l’école française, où il invite Voltaire et se fait construire une résidence sur les hauteurs la ville, qui deviendra en 1866 le palais des princes de la Principauté.


De la Réforme à la fondation du Royaume de Prusse, et consécutivement, sous les rois de Prusse jusqu’au XIXe siècle, Zindelstein continue son développement comme port de pêche, ville marchande, place artistique et satellite de Königsberg. Tout au long de cette période, la plus importante partie des immigrés qui s’installent dans la ville sont d’origine française et hollandaise. Malgré la constance de l'essor de la ville et de sa population, elle passera par des périodes difficiles et sombres provoquées par les nombreuses guerres et invasions de ces temps.



1.1.2. La guerre d’indépendance et création de la Principauté


Au milieu du XIXe siècle, nous sommes à l’aube de la construction de l’unité allemande. En 1862, Bismarck alors président du Conseil de Prusse, impose sa reforme. Bismarck est un homme autoritaire et un habile tacticien, qui use de tous les moyens extérieurs et intérieurs sur le plan politique et militaire pour arriver à ses fins. Il veut construire l’unité allemande, sous la forme d’une fédération des princes soumise à l’autorité prussienne. C’est par une politique extérieure offensive que l’unité peut selon lui être acquise et soudée. Suivant sa politique, il joue avec les alliances et les traités, pour provoquer les guerres qui lui permettront d’affirmer son hégémonie en Allemagne et d’annexer royaumes et principautés. Il fait la guerre à travers tout le pays; c’est la guerre des Duchés en 1864 contre le Danemark, puis contre l’Autriche en 1866 où il sort victorieux à la bataille de Sadowa. Dans ses campagnes militaires il annexe par la force royaumes et principautés, dont notamment le royaume de Hanovre, qui accroissent la surface de son Allemagne unifiée. Enfin, la guerre contre la France (1870-71) scelle l’unité et la Prusse devient le IIe Reich. Les conservateurs et les Junkers (nobles) de la Prusse-Orientale sont fortement opposés à la politique de Bismarck, toutefois, ils ne pourront pas empêcher l’oeuvre de ce dernier. Mais...


En 1860, les terres aux alentours de la ville de Zindelstein, des commerces, des fabriques et une compagnie marchande de navigation appartiennent au riche baron Ludwig von Zindelstein (dit baron de Zindelstein). Officier dans l’armée prussienne et influent dans le cercle des Junkers, le baron a de nombreux et fidèles compagnons d’armes. Le baron est un homme autoritaire, qui aime se faire remarquer, mais c’est aussi un homme raffiné qui pratique la philosophie et les belles-lettres. Il est un Junker convaincu et fier de ses terres, il rêve d’une Prusse-Orientale détachée du pouvoir de Berlin.


Alfredo Nahum est né à Zindelstein d’une famille de commerçant. Il doit travailler avec ses parents dans leurs affaires et emprunter de l’argent pour financer ses études de médecine, qu’il fait à Königsberg. Après ses études, il s’engage comme chirurgien dans l’armée prussienne, où il fait connaissance avec le baron Ludwig von Zindelstein. Mais étant d’origine juive, Alfredo ne peut pas obtenir le grade d’officier, il est médecin avec le même grade qu’un aide soignant. Sa carrière militaire ne pouvant aboutir, il quitte les armes pour s'installer à Zindelstein, où il ouvre un cabinet médical. En 1860, Alfredo est un notable de la ville de Zindelstein, médecin personnel du baron et son ami.


A cette époque, après Königsberg, Zindelstein est la plus grande ville de la Samland, ses activités principales restent le commerce maritime et la pêche, mais la ville est aussi le repère des poètes, des artistes de Prusse-Orientale, des philosophes indésirés par le pouvoir prussien et des idéalistes. Tout ces visages mêlés aux marins et aux brigands, se retrouvent dans les dédales des tavernes du port de la ville. L’importante immigration de francophones ressort dans le caractère de la ville, où les enseignes en français sont monnaie courante, au même titre que les discussions dans la langue de Voltaire.

Dans une salle de la bibliothèque de l'Ecole française de la ville se tiennent régulièrement des réunions privées, qui regroupent des Junkers, des notables de la ville, dont Alfredo Nahum, des penseurs et le baron de Zindelstein. Les sujets de ces réunions sont l’actualité politique, les croyances anciennes de la région et la philosophie. Le Baron veut se détacher de Berlin, il veut rendre à la Prusse-Orientale son indépendance, quand à Alfredo, il travaille sur une nouvelle constitution et la formation d’un Etat idéaliste. Le Baron est un ennemi de Bismarck, il s’oppose régulièrement à lui à la Chambre basse, il est soutenu par la noblesse, qui accuse Bismarck de trahir la Prusse au profit d’un autre pays: l’Allemagne. Mais la noblesse a perdu le contrôle absolu de l’administration prussienne qu’elle détenait au début du XIXe siècle, et, malgré son poids politique, Bismarck arrive petit à petit à se passer de son avis. Dès 1863, le baron commence à exposer son projet de la Samland libre dans ses réunions privées à Zindelstein. Il obtient le soutient du chef de la garnison de Königsberg et de la majorité des propriétaires terriens de la Samland. Mais en 1864, quand Bismarck commence ses guerres, les compagnons d’arme du baron doivent partir au combat et dans la même année les réunions privées sont trahies par un de ses membre, qui prévient Bismarck des projets d’indépendance du baron et de la ville de Zindelstein. Bismarck ordonne immédiatement l’arrestation par la garnison de Königsberg du baron et des personnes figurant sur la liste des membres des réunions de la salle de la bibliothèque de l'Ecole française. Mais le commandant de la garnison de Königsberg ne bouge pas. Furieux, Bismarck lance un bataillon à la poursuite du baron et de ses amis. Dans le même temps, le baron déclare officiellement la Samland libre, et établit son gouvernement provisoire à Zindelstein. Il gagne à sa cause le peuple et les paysans qui travaillent sur ses terres et sur celles des autres propriétaires de la région. A la nouvelle de l’envoi du bataillon par Bismarck, Alfredo s’empresse d’organiser une milice pour la défense de Zindelstein, et le baron envoie des courriers à ses compagnons d’arme en campagne, leur annonçant que la Samland est proclamée libre et qu’il faut rentrer pour la défendre. Bismarck, qui est occupé par la guerre des Duchés, perd du temps avant de regrouper une troupe punitive pour la Samland. Alfredo réclame au baron au plus vite des armes pour sa milice, mais faute de moyens ils ne pourront pas s’armer correctement.


Aux abords de la campagne Zindelstinoise des paysans qui ont rallié la milice d’Alfredo attendent les soldats de Bismarck. Le premier choc a lieu à l’aube d’octobre 1864. Inférieurs en nombre et sans artillerie, les paysans zindelstinois sont écrasés par la puissance de feu de l’armée prussienne. Les soldats de Bismarck entrent dans les villages et massacrent les résistants, alors nommés les « rebelles ». L’armée arrive aux portes de la ville de Zindelstein, où sous la menace de ses bouches à feu elle rentre sans difficulté. De sanglants combats de rue éclatent partout dans la ville, qui est défendue pierre par pierre par ses habitants. Alfredo est blessé et il doit prendre la fuite par la mer avec ses partisans. Le baron arrive aussi à échapper aux griffes des soldats. La ville de Zindelstein est tombée, ainsi que l’ensemble de la région.


Les arrestations et le nettoyage commencent, Bismarck veut faire un exemple et effacer définitivement cet événement compromettant. Il met aux arrêts le commandant de la garnison de Königsberg, qui sera condamné à mort pour refus d’ordre et trahison.

Pour Bismarck commence une longue traque, car le baron et Alfredo sont toujours libres. Ils ont pris le maquis dans la région du delta du Niemen, où les compagnons d’arme du baron les ont rejoints, abondonnant leur poste dans l’armée prussienne. Le baron adresse régulièrement des courriers à Guillaume Ier, roi de Prusse, au nom des Junkers de la Prusse-Orientale, dans lesquels il demande au roi de lui apporter son soutien et de raisonner son président du Conseil. Certes, Guillaume Ier est tiraillé par la noblesse qui ne voit pas d’un bon oeil Bismarck, mais pour le roi, le baron et ses compagnons ont par leurs actes trahis l’ordre national, même s’ils restent des nobles respectés.


Pendant leur fuite dans les forêts de l’extrême nord-est de la Prusse-Orientale (aux alentours du fleuve Niemen), le baron et Alfredo ont reconstitué une armée avec des paysans, des jeunes Junkers, des habitants de la ville de Zindelstein, des habitants des villes de la Samland alliés à la cause, les anciens combattants d’octobre 1864 et quelques brigands. La terreur que fait régner Bismarck pendant l’année 1865 dans sa traque des rebelles joue à l’avantage du Baron. Car suite à la politique de Bismarck en Samland les hommes et les femmes se rallient à la cause des rebelles. Bismarck doit relâcher sa traque, car en 1866 commence la guerre contre l’Autriche qui est d’une grande importance stratégique dans ses projets.

Le baron et Alfredo profitent de la guerre austro-prussienne et de la concentration des soldats de Bismarck sur le front autrichien pour passer à l’action. Ils descendent avec leurs hommes sur Insterburger. Bismarck apprenant la nouvelle, décide de mettre fin à cette « ridicule » - selon ses mots - guerre d’indépendance. Il décide d’affronter les rebelles dans une bataille courte et rapide dans la région d’Insterburger. Il ne peut pas déplacer son infanterie, occupée contre les Autrichiens, alors il lance la cavalerie, qui se déplace rapidement et qui ne fera qu’une bouchée de quelques fantassins. Il envoie en plus de ses dragons: des lanciers lituaniens et la garnison de Königsberg. Averti, le roi Guillaume veut assister à la bataille.


Nous sommes le 3 mars 1866, dans une clairière de la région d’Insterburger, rebaptisée pour l’occasion Nouvelle-Marienburg par le baron dans son discours à la troupe. La cavalerie se trouve à l’opposé de la clairière, en face des soldats zindelstinois. Pendant ce temps, le commandant de la garnison de Königsberg, qui devait être mis à mort suite à sa condamnation en 1864, est libéré par une mutinerie des soldats de la garnison. Ainsi, la garnison de Königsberg monte bien au front comme l’avait commandé Bismarck, mais sans qu’il se doute qu’elle a changé de camp.

La cavalerie prussienne et les lanciers lituaniens chargent les soldats zindelstinois devant le roi, qui observe au loin la bataille aux côtés du président du Conseil, Bismarck. Le drapeau de la Samland libre, de la ville de Zindelstein et des villes de Samland alliées, claquent aux vent au-dessus de la ligne qui ouvre le feu pour tenter de stopper la charge des cavaliers. Mais en vain, la ligne est enfoncée, et le combat d’une extrême violence au sabre et à la baïonnette commence dans le chaos des cavaliers et des fantassins. Le baron de Zindelstein et Alfredo, qui est général des armées de la Samland, sont dans les rangs des soldats au coeur du combat, le sabre brandi contre les coups des cavaliers. Bismarck s'impatiente devant la résistance des soldats zindelstinois, quand il voit enfin arriver la garnison de Königsberg, qui à la surprise totale de Bismarck, charge ses cavaliers. La jonction des deux armées accule les cavaliers, les soldats attaquent les dragons prussiens, dont les larges coups de sabre pleuvent de haut sur les têtes et les épaules des fantassins. Le roi est impressionné par ces hommes dont l’uniforme est disparate, mais qui font preuve d’une bravoure inégalée. Des cavaliers commencent à se retirer de cette masse en sang et en cris qui est maintenant épuisée par l’effort physique. A la fuite des cavaliers, le roi demande à Bismarck de faire sonner la retraite. Au milieu des chevaux qui hennissent au sol, des corps lacérés, de l’odeur de la poudre et du sang, Alfredo et le baron se tiennent là debout, les deux blessés aux bras et au visage, devant le spectacle des cavaliers qui se retire au son des tambours. Le drapeau de la Samland libre se relève du sol et surgit de la poussière des combats. Le roi annonce à Bismarck: «...ces hommes méritent leur liberté ! »


Le 9 mars 1866 au traité de Königsberg, la Samland devient la Principauté de Zindelstein, Etat indépendant, mais sous la stricte allégeance du roi de Prusse et plus tard de l'empereur. La ville de Zindelstein devient la capitale de la Principauté. Le baron obtient du roi le titre de Prince héréditaire de la nouvelle principauté, il devient : Louis 1er, Altesse Sérénissime, Prince de Zindelstein. Son compagnon, Alfredo, est anobli avec le titre de chevalier Alfredo Nahum zu Zindelstein. Le dragon noir devient le blason de la famille princière.


Un gouvernement provisoire est mis en place, qui réuni des ministres exécutifs et une assemblée comprenant les propriétaires terriens et les notables de la Principauté. Le Prince dirige les deux chambres et possède le droit de veto. Des villes et des villages sont rebaptisés et les communes réorganisées. Le 1er novembre 1866 la constitution rédigée sous la direction d’Alfredo Nahum zu Zindelstein, est adoptée par le plébiscite du gouvernement provisoire et de l’assemblée. La Principauté est désormais une monarchie parlementaire, où le peuple élit ses députés par suffrage universel. Le français est adopté le 15 février 1867 par le Grande Assemblée comme langue administrative et langue officielle de la Principauté. Le Prince fonde en 1868 l’université et l’académie, des Beaux-Arts de Zindelstein-Ville.

Alfredo est nommé premier ministre de la Principauté en 1866, puis après deux mandats, il intègre ses fonctions d’inspecteur principal au Haut Commissariat Central en 1874, et prendra finalement sa retraite après plusieurs années de service. Le Prince, Louis 1er, meurt en 1902 dans le palais princier de Zindelstein-ville après un règne éclairé. Son fils aîné, Frédéric von Zindelstein prend la couronne princière à l’âge de 51 ans.


La Principauté ne participe pas à la guerre de 1870-71 contre les Français. Guillaume Ier laisse la Principauté se développer. Suite à la victoire des Prussiens en 1871, le roi Guillaume Ier devient empereur de l’Allemagne.

Alors que la Prusse est l’ennemie de la France, la Principauté accueille à bras ouverts les Français, particulièrement les hommes de lettres et de sciences pour enseigner dans ses universités et ses écoles dans le cadre du décret de février 1867 qui adopte le français comme langue officielle. Toutefois, il faudra bien une vingtaine d’années avant de convertir tout le système scolaire de la Principauté au français.



1.1.3. Les îles Gnork, extension du territoire princier dans l'Atlantique Nord


Le Prince, Louis 1er, était déjà passionné, avant l'indépendance de la Principauté, par l'histoire des origines des pays baltes, des anciennes légendes et des croyances païennes des terres du nord. Les peuples païens qui habitaient les terres actuelles de Zindelstein, ont été quasiment tous exterminés jadis par les chevaliers teutoniques. Mais, le Prince a rencontré pendant les années de lutte contre Bismarck, lors du maquis, un vieux chaman, descendant des peuples primitifs-prussiens qui lui a livré le secret et l'histoire des dragons noirs de la mer Baltique. Les dragons noirs avaient migré de L'Himalaya jusqu'aux terres du nord, englobant, les mers de Norvège, du Nord et de la Baltique. Quand les dragons noirs furent arrivés en Scandinavie, la mer Baltique n'existait pas. Afin de séparer les tribus qui étaient en guerre et de donner aux hommes des richesses, comme du poisson en suffisance pour se nourrir, les dragons noirs déplacèrent les terres et les eaux pour donner naissance à la mer Baltique. Ils établirent plusieurs lieux de vie, dont parmi les plus importants : un en Samland, région actuelle de la Principauté et un sur un archipel à la frontière de la mer de Norvège dans l'océan Atlantique Nord, proche des îles Féroé. Le second lieu de vie des dragons noirs, l'archipel, couvre une superficie de 1630 km2, groupement serré de sept îles qui ce nomme : les îles Gnork, du dieu ancien de la nature. Louis 1er connait l’existence de cet archipel. Il sait qu'un lien mystique et sacré existe entre la Principauté en terre prusse-orientale et ces îles aux confins des mers nordiques. La légende des dragons noirs est aussi, pour lui, le prétexte géo-politique de gagner une terre au-delà de la mer Baltique. Après la disparition des dragons noirs, les îles Gnork vont connaître différents colonisateurs et divers propriétaires. L'église catholique prendra un temps possession de l'archipel, installant un monastère sur place, puis des pirates prendront les îles Gnork et enfin à travers les guerres, les norvégiens, les danois, les suédois et les anglais se disputeront en permanence la propriété des lieux. Dans les années 1850, une terrible et étrange épidémie décime les habitants des îles Gnork, alors sous domination danoise. Quand Louis 1er s'intéresse à l'archipel dès 1872, ce dernier est exsangue de population et ne compte qu'une faible garnison de l'armée royale danoise. Maudit et entouré de légende, considéré insalubre suite à l'épidémie, l'archipel n'est plus convoité. Le Prince organise une expédition militaire pour s'emparer des îles Gnork. L'été 1875, des soldats de l’Infanterie de la Marine Princière sont envoyés vers l'archipel des dragons noirs, ils sont cachés dans des bateaux marchands afin de n’éveiller aucun soupçon. Les troupes débarquent discrètement pendant la nuit, quelque coups de feu et des explosions de grenades éclatent devant les fortifications, mais sans faire de victime. Des cris s'échangent entre les deux parties dans la nuits et l'épaisse brume. Une délégation danoise sort de la forteresse principale de l'archipel avec un drapeau blanc. Au petit matin, des pourparlers ont lieu entre la délégation et les officiers de l'Armée Princière. Les îles sont cédées aux soldats de la Principauté. Dans les jours qui vont suivre ce coup de force, le royaume du Danemark proteste faiblement à la prise des îles Gnork par Louis 1er. C'est en coulisse que la diplomatie des cours impériales, royales et princières, bat son plein et va régler la question. A la fin de l'été 1875, les danois trouvent un compromis, ils cèdent l'archipel, les îles Gnork deviennent officiellement la propriété de la Principauté de Zindelstein. L'archipel connaîtra une migration de la Principauté pour atteindre à nos jours une population d'environ 60'000 habitants.


1.1.4. La Grande Guerre de 1914-1918


Sous Guillaume II, la Principauté doit fournir deux bataillons à l’armée impériale lors de la mobilisation en 1914. Ils forment la petite, mais célèbre, division Mortalis. Celle-ci est envoyée sur le front Est. Le 17 août 1914 l’armée russe pénètre en Prusse-Orientale, mais Paul von Hindenburg, commandant de la VIIIe armée allemande, arrête leur avance le même mois à la bataille de Tannenberg. Les hommes de la division Mortalis se couvrent de gloire à Tannenberg, lors de leur charge héroïque, où ils enfoncent les lignes de l’avant garde russe. Ils participent à la poursuite de l’armée russe jusqu’à la bataille des lacs Mazures, durant laqelle les Russes sont repoussés hors du territoire allemand.


En décembre 1917, suite à la révolution bolchevique, les Russes signent l’armistice avec l’Allemagne. La paix est de retour sur le front Est: la division Mortalis est envoyée au Proche-Orient, en renfort à l’armée ottomane sous les ordres du colonel Mustafa Kemal.

En avril 1917, alors que les Etats-unis sont prêts pour intervenir dans le conflit contre l’Allemagne, ils se rétractent et décident de rester hors du conflit. L’histoire bascule, les Empires Centraux reprennent l’avantage. Les Mortalis participent à la bataille de Jérusalem aux côtés des Ottomans, où l’avance des Britanniques est arrêtée en décembre 1917. L’armée Allemande perce les lignes du front Ouest lors de la grande offensive de printemps 1918 et Paris tombe l’été de la même année. L’armistice est signé en septembre 1918. L’empereur Guillaume II sort victorieux de ce conflit dont le bilan en perte humaine est très lourd dans les deux camps.

A l’issue de la victoire, Guillaume II offre à Frédéric, prince de Zindelstein, une petite colonie en Afrique Centrale: l’Afrique Equatoriale Zindelstinoise.




1.1.5. La campagne de Lituanie-Estonie


Le prince Frédéric, magnifié par les exploits de ses soldats pendant la Grande Guerre, rêve de marcher sur les pas des chevaliers Teutoniques. L’Allemagne pousse la Principauté dans cette aventure, sous le prétexte de la lutte contre le communisme. En août 1920, les troupes zindelstinoises entrent en Lituanie et marchent sur Riga. L’Armée rouge possède peu de troupes dans la région et les Zindelstinois avancent rapidement et sans grands accrochages. En 1921 le prince Frédéric tient le golfe de Riga et continue son avance en Estonie. Mais l’armée zindelstinoise, très inférieure en nombre, s’épuise. Lors de l’offensive russe de Lituanie en août 1921, elle est coupée de la Principauté. C’est le siège de Riga en septembre 1921, l’armée zindelstinoise est acculée dans la ville de Riga où elle soutient le siège pendant 3 mois. Ne pouvant plus tenir Riga, elle bat en retraite en catastrophe par le golfe de Riga sous la pluie des obus russes. En Lituanie, l’Armée rouge marche sur la Principauté. L’armée zindelstinoise tente en vain de stopper l’avance russe, mais elle est débordée par les effectifs des bolcheviques. En janvier 1922, les Russes entrent dans la Principauté, où ils sont stoppés à Königsberg par les Zindelstinois qui tiennent leur ville forteresse. La Grande Assemblée presse le prince de demander l’intervention des Allemands ou d’envisager au plus vite un armistice avec la Russie, mais celui-ci ayant perdu la raison refuse et veut continuer la lutte. Contre la volonté du prince, son frère cadet Alfred, alors officier à l’état-major de l’armée zindelstinoise, appuyé par les autres membres de l’état-major demande aux Russes un armistice. Les combats cessent en février 1922 aux portes de Königsberg et les Russes annexent la partie orientale de la Principauté. Le prince Frédéric est destitué du trône et exilé en Suède, c’est Alfred, son frère cadet, qui prend la couronne de la Principauté.

Deux mois après l’armistice de la Principauté avec la Russie, les monarchies d’Europe déclarent la guerre à la Russie communiste. La Principauté entre à nouveau en guerre contre les Russes. En mai 1923 la révolution bolchevique est écrasée et la Russie Blanche est libérée. La Principauté profite de l’issue du conflit pour récupérer la partie de son territoire qui avait été annexé par les communistes lors de l’armistice de février 1922.



1.1.6. Guerre d’Afrique et abolition du traité d’allégeance à la couronne d’Allemagne


Sous le poids de son obligation d’allégeance aux régents allemands, la Principauté doit mettre à disposition de l’empereur son armée. Et ce dernier ne se prive pas d’en user. Effectivement, l’armée zindelstinoise sert dans les colonies allemandes en Afrique. Le gouvernement de la Principauté et le prince Alfredo veulent une véritable indépendance pour la Principauté, afin de la sortir des obligations guerrières imposées par l’Allemagne. Ils essayent de rompre le traité d’allégeance signé avec Guillaume Ier en 1866, mais Guillaume II ne donne aucune suite aux démarches zindelstinoises, qu’il trouve grotesques. Pour lui, l'existence de la Principauté ne dépend que de l’Allemagne. En 1933 la Principauté retire ses troupes des positions allemandes et refuse de continuer d’être à la disposition de l’empereur dans ses affaires coloniales. Elle base ses troupes dans sa petite colonie, l’Afrique Equatoriale Zindelstinoise, à la frontière du Soudan. Guillaume II veut donner une punition à cette mutinerie et prouver que la Principauté sans l’Allemagne n’est rien. Il livre aux Britanniques - qui tiennent le Soudan - la petite colonie de la Principauté. Le prince Alfred refuse de céder sa petite colonie. L’armée anglaise attaque l’Afrique Equatoriale Zindelstinoise en septembre 1934. Et en avril 1936, malgré la lutte héroïque de la population indigène et de l’armée zindelstinoise contre les soldats anglais, l’Afrique Equatoriale Zindelstinoise est perdue et annexée par l’Angleterre. Dans le même temps, en réponse à la punition de l’empereur, la Principauté abolit unilatéralement le traité d’allégeance. Furieux Guillaume II envahit la Principauté. C’est la période du gouvernement de Sainte Sophie, du nom de la princesse Sophie, qui organise la résistance et la défense de la Principauté contre les troupes allemandes, alors que son époux, le prince Alfred est encore en Afrique auprès de son armée décimée par les Anglais.

La résistance zindelstinoise mène un combat sans répit, la Principauté est un véritable enfer pour les soldats allemands. Guillaume II est mortellement blessé dans un attentat de jeunes anarchistes berlinois en octobre 1936. Le nouveau régent de l’empire, devant l'ampleur des troubles intérieurs avec les groupes socialistes et anarchistes, ne voit pas l’intérêt de continuer la querelle de son prédécesseur avec la Principauté. Il fait retirer les troupes allemandes de la Principauté et invite le prince Alfred et son gouvernement à une révision des clauses du traité d’allégeance de 1866. Le 1er avril 1937 la Principauté est reconnue par l’Allemagne comme un Etat totalement souverain, cette date est appelée depuis la « deuxième indépendance ».




1.2. Chronique sur la Principauté contemporaine



Préambule


Les historiens zindelstinois définissent la période contemporaine de la Principauté dans un espace de temps qui commence après la « deuxième indépendance » de 1937. Au point 1.2.1. nous rappelons brièvement les faits qui on conduit à la « deuxième indépendance ».



1.2.1. La deuxième indépendance

En 1936, la Principauté a perdu sa petite colonie en Afrique Equatoriale Centrale. L’empereur de l’Empire Allemand, Guillaume II, l’avait cédée aux Anglais suite au refus de l’armée zindelstinoise de continuer à servir l’Allemagne dans ses guerres coloniales. Effectivement, la Principauté devait allégeance aux monarques allemands depuis le traité d’allégeance de Königsberg de 1866. Ainsi la Principauté se trouva impliquée dans les guerres de l’empereur. A la suite de la grande guerre de 1914-1918, Guillaume II réquisitionna l’armée zindelstinoise pour servir dans les colonies de l’empire en Afrique. Et cela jusqu’en 1933, année où une grève générale éclata dans les rangs de l’armée zindelstinoise, les soldats ne voulant plus combattre pour les colonies de l’empereur Guillaume II et voulant rentrer au pays. Les soldats désertèrent et prirent refuge dans la petite colonie de la Principauté, en Afrique Centrale Equatoriale, qui fut offerte aux Zindelstinois par Guillaume II après la grande guerre. L’empereur somma le prince Alfred d’intervenir, mais Alfred accorda son soutien à ses soldats. Quelque peu irrité, Guillaume II mettra au point une punition pour raisonner la Principauté et son prince rebelle. Il céda la petite colonie de la Principauté aux Britanniques, qui se trouvaient au Soudan à la frontière de la colonie zindelstinoise. Mais quand l’armée anglaise en 1934 tenta de traverser la frontière, elle fut reçue par les tirs de l’armée zindelstinoise, qui engagea une lutte qui durera plus d’une année et demie pour défendre sa petite colonie. Mais en avril 1936 les zindelstinois seront définitivement battus par les Anglais et la colonie de la Principauté sera annexée par l’empire Britannique.

Dans les derniers mois du conflit, le prince Alfred et son gouvernement, peut-être dans un excès de folie, ne voulant pas se plier à la punition de l’empereur Guillaume II, abolirent unilateralement officiellement le traité d’allégeance de 1866. Ils tentèrent de prouver qu’il ne suffisait pas de vendre l’armée zindelstinoise pour arracher la liberté et la souveraineté de la Principauté, et rappelaient aussi que la révolte des habitants de la Samland lors de la guerre d’indépendance de 1864-66 contre l’unité allemande de Bismarck ne restait pas un acte vain. Guillaume II entra dans une énorme colère quand il apprit les déclaration de la Principauté. L’empereur, vainqueur de la grande guerre, ne supporta pas cet affront. Comment une simple principauté, et qui de surcroît lui devait allégeance, pouvait-elle se dresser contre lui et l’empire? Il lança ses armées contre la Principauté, qu’il envahit en un mois.

Le prince Alfred était encore en Afrique quand la Principauté fut envahie, c’est son épouse, la princesse Sophie qui organisa la défense puis la résistance de la Principauté contre l’armée allemande. Elle prendra le maquis pour échapper aux mains allemandes et continuer la lutte avec les résistants. C’est à ce moment que le peuple zindelstinois appellera sa princesse « Sainte Sophie ». La Principauté occupée, le prince Alfred devait rester en exil en Afrique pour échapper à l’armée allemande. Pour les troupes allemandes, la vie dans la Principauté était un véritable enfer, car chaque habitant fut un résistant à sa façon. La situation semblait présager une longue lutte pour tous.

Mais en octobre 1936 l’empereur Guillaume II fut mortellement blessé dans un attentat revendiqué par un groupe d’anarchistes berlinois. Ce terrible événement pour l’Allemagne, paraîtra au contraire, pour la Principauté comme un espoir inattendu. Effectivement, le nouveau régent de l’empire devait affronter la monté des partis socialistes et anarchistes, ainsi que d’autres problèmes internes à l’empire. Face aux pressions politiques et sociales, le nouvel empereur commença par assurer la paix à ses frontières et stopper avec la Principauté le conflit de son prédécesseur Guillaume II. II fit retirer l’armée impériale de la Principauté et accepta de rediscuter avec le prince Alfred et son gouvernement les clauses du traité d’allégeance de 1866.

Le 1er avril 1937, au nouveau traité de Königsberg, la Principauté est reconnue comme un Etat Souverain ne devant plus allégeance aux régents allemands. Cette date marque ce que nous appelons la « deuxième indépendance » de la Principauté.



1.2.2. L’après guerre


Après le traité de Königsberg de 1937, la Principauté est au bord de la faillite. Certes, elle a gagné contre l’Allemagne son indépendance vis-à-vis de l’empereur, mais la guerre en Afrique Centrale Equatoriale et l’occupation allemande de la Principauté ont ruiné le pays.

Lors de l’occupation allemande, l’Assemblée a été dissoute et en avril 1937, après le retrait des troupes allemandes, la Principauté n’a pas encore rétabli son pouvoir législatif. C’est le prince Alfred et ses ministres qui dirigent seuls le pays. Le prince Alfred doit ré-instaurer la vie politique de la Principauté selon la Constitution de 1866. Il organise les votes pour l’Assemblée et prévoit la dissolution du Grand Conseil pour une nouvelle élection des ministres par la nouvelle Assemblée élue par le peuple.

Il doit faire vite, dans une Principauté qui est au plus mal. Avant même l’élections des députés de l’Assemblée, une grève générale éclate dans l’armée zindelstinoise. Les soldats réclament le licenciement des appelés et la suppression de la conscription, car cette dernière prive la Principauté de sa jeunesse. Le monde rural et les autres corps de métiers manquent de même cruellement de mains d’oeuvre. Les hommes veulent regagner leurs familles, leurs champs, leurs commerces ou leurs emplois. La grève des conscrits est soutenue par les bourgeois et les industriels de la Principauté. Alfred prend conscience que, la guerre finie, l’armée n’est plus le salut de la Principauté. Il fait licencier les appelés et suspend la conscription, malgré l’opposition de son état-major militaire, qui craint une menace russe. Le prince Alfred présentera un projet de loi à la nouvelle Assemblée, qui sera adopté par les députés, dans lequel il supprime l’armée de conscription, libérant ainsi les citoyens du service militaire et il crée une armée permanente de professionnels, qui peut aussi vendre ses services à des Nations étrangères.

Les élections des députés de l’Assemblée de la Principauté ont lieu en juin 1937, et nous comprenons aisément qu’après les luttes pour l’indépendance contre l’Allemagne, le peuple gonflé de fierté nationale vote en majorité pour les partis conservateurs et nationalistes. En fait, le peuple n’a pas un grand choix, car il n’y a que trois partis qui proposent des listes de députés: le parti Junker, le parti Conservateur et le parti Socialiste.

Le parti Junker regroupe la noblesse de la Principauté et il jouit depuis 1866 d’une grande popularité, en raison de leurs implications dans la guerre d’indépendance de 1864-66 et de l’image de bravoure et de valeurs nationales qu’ils incarnent. Les Junkers ont composé la plus grande partie du corps des officiers de l’armée zindelstinoise entre 1864 et 1937. La bravoure de ces officiers était monnaie courante, et, comme le disait un officier de la VIIIe armée allemande en 1916, « on remarquait davantage quelqu’un qui ne l’était pas ». Pour ces officiers qui ont gagné le respect de leurs hommes et l’admiration du peuple, il est facile de remporter, une fois de plus, de nombreux sièges à l’Assemblée élue au suffrage universel en 1937. La ligne du parti Junker est basée sur son intérêt de protéger ses privilèges, donc ceux de la noblesse, et pour cela il pratique une politique de paix et d’un minium social au sein du peuple. Il cultive les valeurs des traditions et de la famille, son argument politique est l’idée que la noblesse doit protéger son peuple, ce qui lui vaut sa popularité dans une population rurale forte.

Le parti Conservateur regroupe des commerçants, des bourgeois et des industriels, c’est un parti qui défend clairement et activement une politique libérale dans la vie économique de la Principauté, mais qui reste toutefois conservateur dans l’importance qu’il donne aux valeurs, à l’Administration et à la Constitution de la Principauté. Les Conservateurs obtiendront la majorité des sièges lors du suffrage de 1937. Nous devons reconnaître que c’est la politique du parti Conservateur qui va permettre les réformes nécessaires pour sortir la Principauté de la crise de 1937.

Et enfin, le parti socialiste remporte moins de cinq sièges sur les cent sièges de l’Assemblée, car il est à cette époque, à tort, associé au communisme ou encore, perçu par la propagande nationaliste et junker comme un danger pour la Constitution zindelstinoise. Il faut aussi souligner que plus de la moitié du peuple zindelstinois se compose alors de paysans et le reste de commerçants et de militaires. Dans un pays au bord de la faillite, qui est gonflé à bloc par ses exploits guerriers et avec un discours politique de rassemblement national pour reconstruire et sauver la Principauté de la crise, le parti Socialiste ne trouve pas en 1937 la souche nécessaire pour jouer un rôle politique. Il devra attendre le redressement économique et les révoltes sociales des années 70 pour jouer un véritable rôle politique au sein de la Principauté.


L’Assemblée fraîchement constituée en juin 1937 élit les dix ministres du Grand Conseil. Les nouveaux ministres, issus en partie des Conservateurs et soutenu par le prince Alfred, commencent leur politique de redressement économique et de libre marché. En 1944 à la mort du prince Alfred, la Principauté est sortie de la crise et commence son essor. Le fils d’Alfred, Alfred II prend la couronne de la Principauté à la mort de son père, mais la politique et l'économie ne l’intéressent pas, seule la vie de la cour, la musique, les arts et les femmes l’occupent. Quant au gouvernement et l’Assemblée, ils continuent leur politique de redressement et de développement économique de la Principauté. Les efforts combinés et le travail de la population et du monde politique vont en vingt ans faire de la Principauté une importante place financière et commerciale de la Baltique. Banques, compagnies navales, sociétés de holding, fabriques de locomotives, fabriques de trams et trolleybus, et casinos font en 1970 le triomphe et la réussite de la Principauté.



1.2.3. Révoltes des années 70


Malgré le fort développement du secteur tertiaire, la Principauté a su garder sa population rurale et les paysans ont pu se faire une place dans l’économie libérale de leur Principauté. De plus, le parti Junker a toujours protégé les intérêts du monde rural et du secteur primaire, grand électeur du parti. Même si la Principauté prend un visage économique teinté de libéralisme, l’Etat et l’Administration sont restés forts et maîtres du pays. Ils ont un pouvoir total et ils ne laissent la liberté d’entreprise que dans la mesure où elle peut profiter à la Nation. Pour citer un exemple, l’éducation reste entièrement la mission de l’Etat, en accord avec la Constitution zindelstinoise, qui interdit la fondation d’établissements scolaires privés. Comme le voulait Alfred Nahum zu Zindelstein dans sa Constitution de 1866, l’Etat devait rester maître pour ne garder en vue que l’intérêt du peuple de la Principauté. Mais Platon, Aristote, Machiavel et tans d’autres n’ont-ils pas aussi en vain, essayés d’établir un idéal pour notre bien commun? Si dans la lutte d’une guerre d’indépendance, il peut se dessiner une unité commune et la vision d’un futur Etat éclairé, la lutte finie les illusions deviennent avec le temps des désillusions. Si bien réglée par son Administration et l'intégrité de son corps législatif et exécutif, de plus, prospère, qui pouvait imaginer qu’un orage menaçait la Principauté ? Car le problème était bien là: la Principauté était trop bien réglée. Dans cet Etat administratif, où l’Etat se voulait la synthèse et l’unité de toutes les valeurs, et qui développait et potentialisait toute la vie du peuple, la marge d’une certaine liberté d’initiatives d’esprit semblait quelque peu limitée.


Les lois sociales et les lois sur le travail, certes avancées au XIXe siècle, étaient toujours celles instaurées par Alfredo Nahum zu Zindelstein en 1866. Les patrons avaient su garder le rythme imposé de travail et les sacrifices demandés aux employés lors des réformes de 1937 pour sortir le pays de la crise et de la faillite. Au début des années 70, la société zindelstinoise commence à prendre conscience des dysfonctionnements du monde du travail et les socialistes commencent à prendre de l’importance. Ils dénoncent les députés de l’Assemblée qui ne défendent pas les intérêts du peuple mais bien les leurs, soulignant que l’Assemblée est le repère des patrons. Ils vont même jusqu’à les accuser d’avoir corrompu l’Administration de la Principauté. Alors que les syndicats prennent de l’importance, les étudiants se dressent aussi contre l’hégémonie de l’Etat. Un mouvement écologique important apparaît en 1971 et la société artistique entre aussi en ébullition avec l’apparition de l’art minimaliste et des premiers artistes conceptuels qui doivent aussi affronter le conservatisme des institutions publiques.

En 1972 Alfred II meurt, après un règne durant lequel il a toujours fuit les responsabilités politiques et profité de la vie luxueuse de prince, vacant à tous les loisirs, de la chasse à la peinture, des banquets aux faveurs des femmes. Il a laissé mûrir les tensions sociales et politiques laissant ainsi au nouveau prince, son fils aîné, l’inévitable orage. Louis II, monte sur le trône de la Principauté et au contraire de son père, il veut marquer l’Histoire de la Principauté, comme Louis Ier, le prince Frédéric ou encore son grand-père le prince Alfred. Le nouveau prince est - nouveauté dans la dynastie - croyant et pratiquant. Alors que la pratique de la religion avait été bannie par Louis Ier.


Au suffrage universel de 1973 les socialistes remportent une trentaine de sièges à l’Assemblée. Ils proposent immédiatement des projets de lois sur le temps de travail, la protection des employés et une réforme des lois sur l’assurance-chômage. Mais les partis protagonistes isolent les députés socialistes, en votant systématiquement contre toutes leurs projets de lois et de réformes. Les députés socialistes et les syndicats menacent d’appeler à une grève générale du peuple en réponse au mutisme du gouvernement et des partis conservateurs. Le Haut Commissariat Central prévient le prince Louis II qu’il faut prendre en considération les doléances des socialistes, qui de plus ne sont pas opposées à la Constitution et au bien de la Principauté. Mais le prince Louis II voue toute sa confiance à son gouvernement et au parti Conservateur et il argumente sa position dans un discours à la Grande Assemblée en juin 1973: « ...c’est par le travail et le sacrifice qu’on avance... ». La réaction ne se fait pas attendre, un incroyable mouvement de grève explose depuis les ouvriers aux employés de commerce, toute la Principauté s’arrête et s’enflamme dans des manifestations où, les étudiants, écologistes et anarchistes rejoignent les rangs des grévistes. Après trois semaines d'immobilisation les patrons réclament au prince de trouver une solution pour que le travail reprenne. Louis II, trop rigide pour entamer une discussion avec les socialistes et les syndicats, choisi de résoudre le conflit par la répression.

Il ordonne aux forces de l’ordre de disperser les manifestations qui ont lieu sur tout le territoire de la Principauté. Les troubles éclatent et les manifestations jusqu’à lors pacifiques tournent aux combats de rues. Voitures brûlées, lacrymogènes, coups de bâton, pavés, et bris de verre se déchaînent dans les rues de Königsberg puis de Zindelstein-Ville et aux portes de quelques usines de la Principauté. Après quatre jours d’émeutes, les syndicats et les patrons se réunissent dans une réunion extraordinaire avec les ministres et le prince Louis II. Les patrons annoncent qu’aucune sanction ne sera appliquée contre tous les employés qui reprendront leur travail dès le lendemain de la réunion, et qu’une fois la situation revenue au calme, des discussions seront envisageables avec les syndicats. A l’annonce de ces conditions, la plus grande majorité des grévistes, dans la tourmente d’un mois sans salaire et l’euphorie passée de la révolte, reprirent le travail et le calme revint dans la Principauté. La population rurale de la Principauté, très conservatrice et fidèle au prince, n’a pas prit part au conflit. Robert Mercy, député socialiste de 1973 à 1981, dira ironiquement de ces gens « les braves !! ».


Toutefois, il faut attendre la crise économique mondiale de 1976 pour que les aspirations des socialistes et des nouveaux mouvements tel que l’« Alliance pour l'Environnement » soient enfin entendues par les autres partis et que la querelle entre les Conservateurs et les Socialistes finisse.

La crise de 1976 provoque l'effondrement du système de l’emploi de la Principauté. Avec un fort taux de chômage, une mauvaise couverture pour les sans emplois et l’absence de programmes de réinsertions, la misère menace une partie de la population.

Devant la gravité de la situation, le parti Conservateur et le parti Junker reconnaissent leurs erreurs et acceptent de travailler sur les propositions des députés socialistes. En 1977 aux élections du Grand Conseil par la Grande Assemblée, trois ministres élus sont socialistes pour la première fois dans l’histoire de la Principauté. L’Assemblée en 1977, à laquelle se joignent des députés du parti

« Alliance pour l'Environnement » et le Grand Conseil, travaillent tous deux à une politique de coopération entre les différents partis, cherchant l’amélioration de la vie du citoyen de la Principauté plutôt que la compétition entre les partis. Découlant de l’idée défendue par le premier ministre junker Léon Bellot dans son premier discours à la Grande Assemblée en 1977; « ...l’Assemblée est le fruit du vote du peuple, il est donc logique que les partis représentés ici, travaillent ensemble pour avancer et non les uns contres les autres bloquant, par voie de fait, la révision ou l’établissement des lois nécessaires au bien de tous... ».

Ainsi, le 1er janvier 1978 est accepté par la Grande Assemblée et mis en vigueur, le projet commun sur la révision de la loi sur le travail. Parmi les nombreux changements nous citerons celui qui est resté le plus médiatique: le passage de la semaine légale de travail de 46 heures à la semaine légale de 32 heures. Cette entente entre les différents partis au pouvoir perdure jusqu’à nos jours. La Principauté entre dans les années 80 avec un taux de chômage dérisoire (chiffres officiels de 1981: 1,5) et la garantie d’un minium vital assuré pour tous les citoyens zindelstinois.



1.2.4. De Louis II à Alfred III


Après la répression de l’été 73 contre les grévistes, le prince Louis II, qui rêvait de marquer l’histoire, devient au contraire un prince sans histoire, qui s’applique à sa tâche unique de représentant de la Principauté, laissant à l’Assemblée, au Grand Conseil et au Haut Commissariat Central la direction du pays. Par ailleurs, la Constitution zindelstinoise ne donne pas un réel pouvoir politique au prince, c’est seulement par son caractère et son influence sur le Grand Conseil et le Haut Commissariat Central que le prince peut jouer un rôle de dirigeant plutôt que celui d’un représentant héréditaire de la Nation.


Les années 80 et 90 sont une nouvelle période prospère pour la Principauté, qui a su garder son unité et ses traditions, tout en s’adaptant aux nouveaux mouvements socialistes, écologistes et artistiques. Certes les choses ne sont pas si simples et roses, la Principauté garde en son sein ses détracteurs et la justice reste celle des hommes. Mais quand chaque citoyen possède un travail, du temps pour ses loisirs, un confort matériel et la sécurité dans ses grandes lignes, il est facile pour le monde politique de faire un peu comme bon lui semble, de soutenir que le peuple est libre et que la démocratie mariée à la raison d’Etat « a su garder son unité et ses traditions tout en s’adaptant aux nouveaux mouvements socialistes...». Autrefois, la misère ou les luttes pour l’indépendance étaient le problème commun de l’ensemble des individus, aujourd’hui, l’ensemble est devenu idéal et les problèmes individuels.


En 1991, des troubles éclatent dans plusieurs régions de l’Empire russe. Des groupes indépendantistes religieux ou communistes se dressent contre le tsar et réclament l’autonomie de leurs régions. La Russie demande la participation et l’intervention de l’armée zindelstinoise en Lituanie, contre les rebelles indépendantistes, dits les rebelles « rouges » à cause de leur attachement aux idées communistes. Les rebelles « rouges » s’attaquent notamment aux ouvriers lituaniens qui traversent quotidiennement la frontière pour venir travailler dans la Principauté. Les rebelles les accusent d’être les esclaves des aristocrates et des capitalistes de la Principauté. Ils menacent aussi la Principauté, qu’ils accusent de profiter du peuple lituanien et d’être, bien sûr, capitaliste et l’alliée des Russes. Le prince Louis II soumet la demande du tsar - qui promet une contrepartie économique - à la Grande Assemblée. Celle-ci accepte, par un vote majoritaire, l’intervention de l’armée zindelstinoise en Lituanie. Ainsi, en 1992, les troupes zindelstinoises entrent en Lituanie pour participer aux opérations russes de pacification. En 1998, l’armée zindelstinoise monte jusqu’en Lettonie, où elle libère la ville de Riga tombée aux mains des rebelles « rouges » peu avant. A ce jour, la Principauté a toujours des troupes militaires basées en Lituanie sans interruption depuis 1992.


A l’âge de 91 ans, Louis II, malade, passe la couronne princière à son fils Louis III, avant de s’éteindre en 1998. Mais Louis III qui a déjà 67 ans, est très occupé car il gère les casinos de la Principauté et, passionné de chevaux, les activités hippiques du pays. Il décide de marquer l’histoire de la dynastie à sa façon. Il passe directement la couronne princière à son fils, en déclarant publiquement : «...il faut toujours attendre d’être vieux pour devenir le prince régnant ici..., ...je passe la couronne de mon père à mon fils qui sera et qui est prêt pour être le prince de notre Sainte et Indivisible Principauté...». Alfred III, déjà populaire, est couronné en septembre 1996 à l’âge de 40 ans, il est effectivement le plus jeune prince régnant de l’histoire de la Principauté. Il est aussi le premier prince dont le mariage n’est pas le fruit d’un arrangement et dont la romance fait la une des magazines.




1.3. Le XXI siècle



1.3.1. Pacification de la Lituanie


Alors que l’Armée Princière occupe la ville de Riga en Lettonie dès 1998, la lutte se poursuit contre les rebelles rouges en Lituanie pour le compte de la Russie.


La lutte en Lituanie va durer environs quatre ans, au terme desquels la Principauté avec l’aide des autorités locales va battre les rebelles rouges et totalement pacifier ce territoire. La pacification a fait très peu de victimes dans les rangs de l’Armée Princière et des populations locales. La population dans son ensemble était acquise à la cause contre les communistes et les rebelles rouges ont trouvé peu d’appuis en Lituanie. La Principauté a aussi trouvé un allié important dans la population germanophone de Lituanie qui a facilité la collaboration.


En 2003 suite à la victoire de l’Armée Princière en Lituanie, le traité de Riga est ratifié entre la Russie, la Lituanie, la Lettonie et la Principauté. La Lituanie devient le « Grand Duché de Lituanie ». C’est un état indépendant, mais qui est vassal de la Couronne zindelstinoise. La frontière est ouverte entre la Principauté et le Duché avec droit d’établissement et de libre passage pour leurs sujets respectifs. Les taxes douanières sont abolies entre les deux pays. Des accords commerciaux et économiques sont établis. Quant à l’Armée Princière, elle peut manœuvrer librement en Lituanie et les deux pays se doivent une assistance militaire mutuelle. Nous pouvons dire qu’un nouvel état balte est né de la fédération de la Principauté et du Grand Duché de Lituanie.


La ville de Riga en Lettonie devient un protectorat de la Principauté. Pour le reste du territoire, la Lettonie gagne en autonomie avec le traité de Riga, mais elle reste sous l’influence directe du Tsar de Russie.



1.3.2. La crise et la guerre des états baltes (2003-2007)


Après le traité de Riga de 2003, la Russie impériale a chargé la Principauté de continuer la lutte en Lettonie aux côtés de la milice lettone contre les rebelles rouges en échange d’un soutien économique et d’avantages commerciaux.


Les états satellites de l’Empire Russe sont de plus en plus difficiles à contrôler et ils servent souvent de base pour les rebelles rouges. Le Tsar use de tous les moyens pour garder la cohésion de son empire. Mais les solutions militaires fatiguent son pays et ternissent son image sans donner finalement des résultats probants. C’est pourquoi, il accorde des indépendances partielles, offre des titres à des seigneurs, créer des états vassaux et joue des intrigues et des alliances entre ces petits pays.

La Russie avait déjà accordé dans les années 80 une certaine indépendance à l’Estonie. En 1991 avec le traité de Tallinn, elle avait cédé l’autonomie totale aux Estoniens contre la cessation immédiate de la lutte armée et du terrorisme contre l’Empire. Evidemment, la Russie gardait un contrôle économique naturel au vue de sa puissance sur le nouvel état balte. Elle avait aussi bien veillé à placer des personnalités de son choix aux commandes de ce dernier. Mais 10 ans après, l’Estonie était devenue par des voies démocratiques une république et de surcroît socialiste. L’Estonie était devenue militante et dès les années 2000, elle se permettait des intrusions militaires en Lettonie et offrait son soutien actif aux rebelles rouges. La Russie ne pouvait que constater la perte totale de son influence sur l’état qu’elle avait créé en 1991 par le traité de Tallinn.


Ce qui va conduire le Tsar à favoriser le conflit en 2003. Il pousse la Lettonie à déclarer la guerre à l’Estonie. Il espère briser l’Estonie et reprendre ainsi le contrôle sans intervenir de front avec l’Armée Impériale. Toute la région balte va s’embraser de 2003 à 2007 dans une terrible guerre fratricide, politique et ethnique. Tous les intérêts s’affrontent entre corps francs, mercenaires, terroristes, milices et armées réglementaires.


La Principauté se trouve avec son armée au milieu de ce conflit dans une Lettonie morcelée entre les prorusses, les rebelles rouges et les indépendantistes de tout bord. La collaboration entre les autorités princières avec la milice lettone est des plus mauvaises et le conflit se transforme en véritable guérilla entre les différents protagonistes. Les pires exactions sont commises par tous les camps et la population paie un affreux tribut. En représailles à des terribles embuscades, l’armée princière se livre à des règlements de comptes dans lesquelles les populations locales ne sont pas épargnées. Le commandement princier veut sortir de cette escalade de violence, mais il semble que ses propres troupes sur le terrain échappent à tout contrôle.


La période s’assombrit encore avec le terrorisme qui touche la Principauté de plein fouet. Les rebelles rouges vont revendiquer deux terribles attentats à Königsberg et Zindelstein-Ville. Puis, il aura aussi l’attentat de la caserne de l’Infanterie de Marine à Riga en Lettonie.


Sur le plan politique, la situation est aussi très difficile au sein de la Principauté. Les tensions qu’engendre la guerre produisent des dissensions entre les partis politiques au pouvoir. Tout le monde se rejette la responsabilité de l’enlisement de l’Armée Princière dans ce conflit. Dans le même temps, alors que le Prince est malmené par les députés de l’Assemblée et les pressions de son peuple inquiet de la tournure des événements, son coulpe s’effondre suite à une infâme affaire d’intrigue politique.


La Princesse Véronique, d’origine lettone, avait négocié en secret une issue au conflit avec les rebelles rouges afin de prendre le pouvoir en Lettonie. Ses tractations sont découvertes et révélées au grand jour par les services de la police secrète du chef du Haut Commissariat Central, l’amiral Philippe Nahum von Zindelstein. La Princesse est condamnée pour haute trahison et elle est répudiée par son époux, l’Altesse Sérénissime Alfred III. Elle est condamnée à l’exil jusqu’à la fin de ses jours. Elle s’installera en Lettonie où elle restera active en politique.


C’est alors que les regards se tournent vers l’amiral Nahum von Zindelstein, le chef du Haut Commissariat Central. Il est le grand vainqueur de la libération de Riga en 1998 et c’est lui qui a dirigé avec succès la pacification de la Lituanie. Mais c’est aussi lui qui a prolongé le conflit en Lettonie au côté des Russes en 2003. Il est donc naturel que les sujets de la Principauté se tournent vers cet homme qui s’est couvert de gloire, mais qui porte aujourd’hui aussi une responsabilité dans la crise. Il doit prendre ses responsabilités alors que le Prince est très affaibli et que l’Armée Princière perd pied en Lettonie.


L’amiral réagit à la fin de l’année 2006, il rompt le contrat avec le Tsar de Russie (traité de Riga 2003). Il retire l’Armée Princière de la Lettonie et signe la paix avec les rebelles rouges. Et enfin, il fait appliquer la sentence de la Princesse Véronique qui divorce du Prince dans le cadre d’une procédure exceptionnelle où elle perd tous ses droits et elle est exilée à vie.


Mais ces mesures ne font que de donner le cap pour sortir le navire de la tempête. Elles ne mettent pas la Principauté hors de la tourmente. Effectivement, l’armée estonienne profite du retrait de l’Armée Princière et de la cessation de ses relations avec la Russie pour envahir la Lettonie et menacer directement la Principauté. De plus la cohésion nationale n’est pas retrouvée et le moral de l’Armée Princière est au plus bas.


L’Estonie déclare vouloir envahir Zindelstein et libérer son peuple du joug de la monarchie. L’amiral n’attend pas, il sait que c’est la bataille qui redonnera l’unité nationale à la Principauté et cela malgré les énormes risques encourus. Il persuade le Prince et les membres de la Grande Assemblée de déclarer immédiatement la guerre à l’Estonie avant qu’elle ne mette ces menaces à exécution. La confiance est donnée à l’amiral. Il obtient les pleins pouvoirs pour conduire l’Armée Princière dans cette guerre qui va porter le nom de « Guerre Sainte ». La Principauté déclare la guerre à l’Estonie le 4 janvier 2007. Les deux armées antagonistes vont se retrouver au milieu de la Lettonie où elles vont s’affronter dans une guerre totale qui va durer une année.


La guerre est très endurante, à plusieurs reprises la Principauté a frisé la catastrophe. Mais après un combat héroïque, l’amiral va conduire ses troupes à la gloire. L’armée estonienne est battue avant les fêtes de Nöel et l’armistice est signé à Valmiera en Lettonie. Puis en 2008, c’est le traité de paix des états baltes qui est ratifié à Riga entre la Russie, la Principauté de Zindelstein, la Lituanie, l’Estonie et la Lettonie (traité de Riga 2008).


L’amiral rentre à Zindelstein en héro avec son armée, la partie a payé, la Principauté a retrouvé la paix.


1.3.3. Le couronnement de la Princesse Maëlle et la régence


Forte de sa victoire dans les états baltes, la Principauté entre dès 2008 dans une période faste. Elle dois toutefois montrer les dents plusieurs fois pour la défense de son protectorat de Riga. Mais l’Amiral manœuvre habillement sur les échelons politique et diplomatique afin de protéger les intérêts de la couronne tout en évitant d’engager un nouveau conflit armée.


Dans les débuts de l’année 2011, une période sombre vient frapper la Maison Princière. Le Prince Alfred III tombe gravement malade. Un cancer de l’estomac va emporter son Altesse Sérénissime après une dure lutte de 6 mois. La Principauté se retrouve sans Prince régnant et la question de l’héritier se pose. La seule prétendante au trône, la Princesse Maëlle, n’est qu’une enfant de 6 ans. Elle a été adoptée par l’Amiral alors qu’elle avait 3 mois.


Alfred III n’a pas eu d’enfants de son mariage avec Véronique Brissnau de Lettonie. Le frère du défunt prince, le Prince Guillaume von Zindelstein, époux de la Princesse de Lituanie, Louise Leszczynska refuse catégoriquement de prendre la couronne de la Principauté. Les fonctions qu’il occupe dans le commerce maritime ne lui donnent pas le temps de s’occuper des affaires courantes de la Principauté. Mais le Prince Guillaume a eu deux filles et un fils. L’aîné, Sigismond von Zindelstein a épousé une princesse de Perse et d’Oural, Anouk Khanoum. Ensemble, le jeune couple a eu une fille, la Princesse Maëlle.


Alors qu’ils vivaient au Kazakhstan dans la province d’Aqmola chez le père de la Princesse Anouk, seigneur local et descendant des dragons blancs, le couple fut enlevé par des rebelles rouges. Ils les exécutèrent à même la route et les rebelles gardèrent en otage la petite princesse Maëlle qui n’était alors qu’un nourrisson. Avisé des événements tragiques et ignominieux qui avaient touché la famille princière, l’Amiral organisa personnellement une intervention militaire pour délivrer le bébé des griffes des rebelles rouges. Un commando de l’infanterie de la Marine Princière fut dépêché à Aqmola. Après une infiltration rapide, les soldats localisèrent le groupe des rebelles qui furent attaqués dans une nuit sombre. La surprise était totale, les rebelles étaient neutralisés et la petite princesse fut sauvée puis rapatriée au pays où l’Amiral l’adopta dès son arrivé.


C’est ainsi, qu’en 2011 la Princesse Maëlle à l’age de 6 ans, fille adoptive du grand Amiral est reconnue comme la Dauphine légitime de la Principauté.


Mais son âge d’enfant ne lui permet pas de régner. C’est pourquoi les membres de la famille Princière et les représentants de la Grande Assemblée ont décidé à la majorité de couronner la Princesse Maëlle à la condition de nommer l’Amiral comme régent de la Principauté jusqu’à la maturité de la Dauphine. En effet, la Constitution Princière autorise le Chef du Haut Commissariat Central d’occuper la fonction de régent de la Couronne pour un temps déterminé en cas de nécessité particulière.


Ainsi, la Princesse Maëlle est couronnée en grande pompe le 22 septembre 2011 suivie de la nomination du Chef du Haut Commissariat Central à la fonction de régent.






1.3.4. Victoire de l’amiral en Lettonie


En automne 2011, alors que l’Amiral est le régent de la Principauté, la pression monte contre le protectorat de Riga. Certains groupuscules lettons et estoniens inquiets de l’ascension au pouvoir de l’Amiral, menacent la sécurité de Riga. Ils tentent de déstabiliser le commerce maritime en sabotant les voies de chemin de fer à la sortie de la ville qui permettent l’exportation et l’importation des marchandises par le port du protectorat.


La garnison de Riga n’arrive plus à assurer la protection des convois en dehors du protectorat. Le Tsar de Russie voyant d’un mauvais oeil le retour de l’instabilité dans la région, il presse l’armée impériale aux frontières de la Lettonie. L’Amiral tente un tour de force devant l’avance de l’armée russe. Il envahit le sud de la Lettonie, jusqu’à la hauteur de Riga, bousculant la milice lettonne et les unités rouges toujours en activité. C’est un quitte ou double, soit il rétablit l’ordre et convainc le Tsar de laisser à la Principauté le contrôle de la région, accroissant dans le même temps la puissance zindelstinoise, soit le tsar ne nous accorde aucune confiance et la Russie pénètre en Lettonie se chargeant de l’ordre, avec la conséquence pour la Principauté de perdre une belle place d’influence sur la scène balte.


Le rapport des forces entre l’armée impériale et l’armée princière est des plus inégaux. Mais contre toute attente la bonne étoile sourit à nouveau aux soldats de la Principauté. Le Tsar impressionné par l’opération militaire d’invasion du sud de la Lettonie retient son armée à la frontière, nous laissant ainsi l’avantage dans la bataille.


Jusqu’au premier avril 2012, le Tsar va attendre avec son armée prête à intervenir à la frontière lettone. Le 2 avril, le Tsar signe un accord avec l’Amiral régent de la Principauté. Les termes de l’accord stipulent que la Principauté doit maintenir la paix et la protection des habitants de la Lettonie, garantir le commerce et les affaires entre la Russie et les états baltes, désarmer les milices et les unités rouges encore actives.



1.3.5. L’arrivée de la Grande Duchesse Anouschka


A suivre…



1.3.6. Le pacte, le retour des dragons noirs


Je me suis assis à la table des dragons.

En face de moi, un dragon noir, gardien de la mer Baltique, nous n'avons pas échangé un mot.

Nous nous sommes seulement regardés, son œil vert phosphorescent avec sa pupille noir en ellipse me fixait. Nous n'entendions que sa profonde respiration.

L'antagonisme naturel qui oppose les humains aux dragons ne s'est pas manifesté, bien au contraire une confiance et une amitié sans peur se dégageaient de nos deux corps.

Après un temps, il a poussé un cri, ce cri strident propre aux dragons, immense, profond et long. Puis il s'est envolé vers la mer quittant le gué où nous nous trouvions. Nous voilà allié, les dragons vont se joindre à l'Armée Princière.


A suivre…

1/18